D'hier à aujourd'hui

L’AVANT GUERRE

Le Monde, il y a quelques temps.
Un mélange de société disparates et désunies.
Non pas que la guerre fait rage ouvertement et que les peuples s’affrontent sans cesse, mais chaque peuple à tendance à observer les richesses de ses voisins avec une envie  à peine dissimulée. Une relative stabilité entoure pourtant ce monde, sous le regard et la protection de l’Unique. 
Malgré toutes les petites dissensions et tensions qu’il peut y avoir de par le monde celui-ci tourne quand même. Les prêtres de l’Unique dispensent la sagesse de ce dieu discret et et bon en canalisant son pouvoir par leurs prières. Chaque peuple le vénère à sa manière, lui donnant de nombreuses appellations. Le clergé de l’Unique maintient une certaine cohésion au sein de ce monde.

Cependant une ombre se profilait à l’horizon.

Cela commença par un événement qui, paradoxalement, ravit beaucoup de monde. Les Yuan-Ti, les hommes-serpents peuplant les îles et les jungles tropicales des océans et vénerant d’obscurs démons abyssaux, disparurent de la surface de la planète. Du jour au lendemain leurs cités, villages et temples païens furent vidés mystérieusement. Les Yuan-Ti étaient un peuple aberrant. Ils attaquaient les navires qui passaient au large de leur îles, capturant  les équipages pour leurs sacrifices innommables. Leur métissage atteignaient divers degrés de dégénérescence, certains tenant plus du serpent que de l’humanoïde.

D’aucuns furent ravis de cette disparition. Et si certains se posèrent de nombreuses questions et tentèrent quelques expéditions afin d’en savoir plus, au cas ou cet événement n’annoncerait pas quelque péril inconnu, ils furent encore moins à les écouter et à considérer tout ceci avec importance.

Plusieurs mois passèrent, on oublia cet événement et les royaumes retournèrent à leurs affaires. 

L’INVASION

La première attaque ne  ressembla à rien de connu.
Une rumeur enfla le long des côtes. Un grincement sourd, venu du fond des océans, charriant des siècles de rancoeur fit vibrer l’air lui même. Puis ce fut la vague. Un immense raz de marée qui s’abattit sur toutes les côtes. Rien ne laisser présager un tel fléau. Les villages de pêcheurs les plus modestes furent balayée sans la moindre chance de salut. Les bicoques furent pulvérisées comme on briserait un cure dent.Ceux qui vivaient de la mer périrent par la mer. 
Les grandes villes côtière ne furent guère mieux loties. Les petits pêcheurs avaient au moins eu la chance de périr rapidement. Dans les dédales des ruelles et des fortifications, chaque intersection, chaque impasse, chaque cour ceinte de murs se transformait soudain en piège mortel sous l’effet de l’eau. Les navires à quai projetés par la lame de fond, comme autant de projectiles sur les habitations et leurs occupants. Des cités entières furent englouties par les eaux ce jour là. La carte du monde fut redessinée à jamais ce jour funeste qui ne constituait pourtant, comme le verraient les peuples terrestres par la suite, que la prélude à une horreur encore plus grande.

Car contrairement à ce que certains se plaisaient à penser, les Yuan-Ti n’avaient pas simplement disparu. Ils n’étaient pas non plus tombés sous l’effet d’une malédiction qui les avait décimé. Ils ne s’en étaient pas simplement retournés à la fange putride qui les avait vu naître, libérant la surface de leur présence impie. Cet exode massif ne visait qu’à endormir la vigilance des peuples terrestres. Ayant retrouvé les accès menant aux royaumes abyssaux, ils s’étaient soigneusement préparés à une invasion à l’échelle mondiale. Se reproduisant dans les ténèbres glacées des profondeurs, scellant des alliances avec de sombres entités, convoquant leurs légions d’extérieurs. Se munissant tantôt d’alliés, tantôt les asservissant pour servir leurs sombres desseins, les Yuan-Ti avaient patiemment mûri leurs plans.

Par des procédés encore inconnus à ce jour, ils avaient trouvé le moyen de relier entre eux la majorité des points d’eau des continents, de manière à pouvoir surgir de n’importe ou. Chaque fleuve, chaque lac, chaque étendue d’eau se transformait alors en  avant poste ennemi, d’ou pouvait surgir des hordes de créatures visqueuses massacrant tout sur leur passage. Comme si l’eau elle même avait juré la perte de tout ce qui vivait à la surface du monde.

La première phase de leur plan d’attaque étant terminée, ils purent entamer leur processus d’invasion.
De multiples endroits surgirent les forces démoniaques des hommes serpents. Les nations, désunies et prises par surprises, ne purent réagir avec célérité et se retrouvèrent submergées par le nombre. Cette fragilité avait été minutieusement planifiée par les forces ophidiennes qui avaient envoyés leurs agent infiltrer les grandes puissances afin de maintenir un climat de tension qui empêcherait toute réponse rapide et coordonnée. En à peine quelques semaines, presque tous les royaumes tombèrent. Des quatre coins du monde pleuvaient des nouvelles désastreuses, toutes plus horribles les unes que les autres. Les puissances alliées, ou inféodées au Yuan-Ti, ainsi que leur sombre magie impie, dépassaient en nombre et en horreur tout ce que le monde avait pu connaître jadis.Quelques poches de résistance tentèrent bien de s’organiser de ci de là mais elles furent toutes balayées avant même d’avoir eu le temps d’avoir quelque effet.

Quant aux survivants qui tombaient sous les griffes des Yuan-Ti, ils furent les moins chanceux. Asservis, réduit en esclavage, quand ils n’étaient pas offerts en sacrifice pour les obscurs rituels de leurs maîtres écailleux, ils connurent des souffrances et des tortures inimaginables. Nul ne sut d’ailleurs jusqu’ou ils purent aller dans la dépravation, et mieux vaut d’ailleurs que personne ne le sache jamais vraiment. Il est des horreurs dont il ne faut rien savoir, même au nom de la vérité.

Toute chance d’inverser le cours des choses semblait perdu. Pourtant, une mince lueur d’espérance vint des montagnes au centre du continent. Les peuples de la pierre, que l’on nomme les nains, avaient été épargnés par l’ost funèbre qui s’était abattu sur le monde, les montagnes étant peu propices aux lacs autres passages qui auraient permis au serpents de s’y introduire. Les rares lacs d’altitude ne leur convenaient pas non plus. Les nains, d’habitude un peuple replié sur lui même et très isolationniste, accueillit les survivants du désastre, rassemblant les peuples terrestres en leur fournissant un abri sûr, des défenses solides et une lueur de réconfort.  

Ce repli providentiel permit à de nombreux exilés d’échapper aux massacres et à l’esclavage. Les disparités de chaque peuple, ou presque s’évanouirent, au profit de l’entraide et de la survie. Les conditions de vie étaient rudes et beaucoup sentaient bien que cette situation ne pourrait convenir bien longtemps. Les réfugiés s’entassaient de plus en plus et le rationnement de plus en plus drastique laminait considérablement leur moral. On commença alors à penser à l’après. A organiser les forces restantes en un front capable d’inverser la tendance.

Le bilan fut catastrophique. En l’état, les réfugiés n’étaient pas capable  de repousser l’ennemi. Les tensions entre les soldats des différentes nations étaient encore trop présentes pour pouvoir les organiser correctement. Les prêtres de l’Unique ne possédaient également qu’un pouvoir limité, leur puissance ayant mystérieusement et considérablement décru depuis le début des hostilités. Les nains offrirent bien évidement leur aide, apportant un soutien logistique et technologique considérable mais ce ne fut pas suffisant.

Face au danger toujours croissant et conscients que le destin du monde se jouerait sous ces montagnes, une terrible décision fut prise : Utiliser la magie.

LA CONTRE-ATTAQUE

Les lanceurs de sorts profanes avaient toujours étés considérés par les civilisations, et surtout par les serviteurs de l’Unique, comme maniant des énergies démoniaques. Des païens dégénérés qui avaient vendu leurs âmes contre des pouvoirs qu’ils n’auraient jamais dû avoir.

Bien évidemment tout ceci était largement faux. La grande majorité d’entre eux n’étaient que de simple jeteurs de sorts ou adeptes du druidisme (qui n’était d’ailleurs juste qu’une philosophie de vie axée sur Mère Nature et ne reposant nullement sur la magie), mûs par la curiosité ou le bien commun. Certes il existait des sorciers noirs et des nécromanciens et d’autres qui, sans être maléfiques, vivaient en marge de la société. Il n’était pas rare non plus d’en rencontrer dans des communautés isolées et rurales, ou l’influence des prêtres était moins forte. L’interdiction d’utiliser la magie profane entraîna bon nombre de persécutions et de chasses aux sorcières qui amena les arcanistes à se réfugier dans la clandestinité et l’exil. 

Si la décision de recourir aux lanceurs de sors profanes fut difficile à prendre et créa de nombreuses tensions au sein des différentes communautés, notamment religieuses, elle marqua le début d’une nouvelle phase dans la guerre contre les Yuan-Ti.
Des appels au ralliement furent lancés dans tous les endroits ou ils pourraient être entendus. Dans les premiers temps, ils furent peu à répondre à l’appel. Les persécutions, les condamnation pour pratiques maléfiques et les préjugés avaient ancré un profond sentiment de méfiance en eux. Certains ne virent pas l’intérêt de venir en aide à ceux qui les avaient toujours dénigré, d’autres crurent à un piège grossier, profitant de la situation pour en finir avec les magiciens.

Mais certains autres rallièrent les forces alliées. Peu nombreux au début, ils entraînèrent ensuite leurs congénères avec eux. la cohabitation avec les ordres religieux ne fut pas facile au début mais l’ajout ce ces nouvelles forces à l’armée grandissante redonna courage aux troupes et une nouvelle énergie fut insufflée. Ce fut le début d’une période de grands bouleversements. La fusion des énergies divines, magiques et runiques, associées aux forces militaires et à la technologie des nains donna lieu à la force armée la plus spectaculaires que les peuples civilisés n’avaient jamais réuni. Ce patchwork improvisé était bardé d’imperfections et bon nombre d’expériences tournèrent au désastre, certains jouant avec des forces qu’ils ne comprenaient qu’imparfaitement. Mais l’on vit aussi l’émergence de machines de guerre capables de vaporiser des dizaines d’ennemis en un clin d’oeil, d’équipements techno-magiques décuplant la force de leur porteur, d’artefacts capables de rendre invisibles des troupes entières,etc… l’énergie des prêtres, boostée par celle des magiciens pouvait désormais soigner des groupes entiers de blessés, augmentant sensiblement le pouvoir destructeur des troupes; L’on vit apparaître les premiers régiments de moines combattants. Les druides pouvaient également produire quantités d’onguents et potions, prodiguant également par le biais de leurs affinités avec la nature approvisionnement en quantité.

La contre attaque ne tarda pas, et les premières victoires redonnèrent espoir aux peuples alliés. L’ennemi pouvait être défait. Il pouvait être renvoyé  aux abysses et les terres pouvaient être reconquises. S’en suivirent plusieurs années de reconquête ardue. L’ennemi dominait le terrain et, les océans et mers recouvrant la majeure partie du monde, ils pouvaient débarquer de partout et en nombre. Les victoires et les défaites s’enchaînaient mais la tendance s’inversait. Peu à peu les forces terrestres reprenaient ce qui leur avait jadis appartenu. Le prix à payer était considérable mais la demi-mesure ne pouvait pas être, en ces heures sombres, un élément de victoire. Au bout de la troisième année, et après d’innombrables combats les Yuan-Ti et leurs sombres alliés furent repoussés dans les eaux des océans. 

La menace était écartée, mais pas définitivement détruite. Une ultime bataille se prépara. Fermement décidé à en finir une bonne fois pour et ne voulant pas risquer que l’histoire se reproduise un jour, le commandement des forces alliées réunit l’élite de ses forces pour une dernière opération. Des sous marins nains, alimentés par la technologie et la magie, pouvant embarquer des centaines de soldats, de prêtres et de mages partirent à la poursuite des Yuan-Ti, à l’assaut de leurs repaires aquatiques. L’objectif : éradiquer pour toujours cette race maudite et renvoyer leur alliés d’outre-plan dans les sphères qu’ils n’auraient jamais du partir. 

Une douzaine de sous marins  plongèrent donc au large des côtes, embarquant à leur bord plus d’un milliers d’âmes de tous bords. Ce qui se passa sous la ligne des eaux, nul ne le sut jamais. Les jours qui suivirent le début de l’affreuse mission furent des jours d’attente et d’angoisse. Les sous marins avaient atteint des profondeurs telles qu’ils étaient hors de portée des liaisons télépathiques les plus puissantes. Les eaux noires demeurèrent calmes et silencieuses. C’est au bout de deux semaines que le grondement se fit sentir. Le ciel s’obscurcit de manière surnaturelle et l’océan s’agita. Des rivages, on vit des tempêtes se former au large et l’on entendit les eaux mugir. L’océan tout entier vibrait et grinçait d’une plainte sourde et menaçante. Les éclairs se déchaînèrent et par moment, au milieu des bourrasques iodées qui parvenaient jusqu’au côtes, l’on pouvait croire entendre de vagues imprécations et hurlements de colère dans des langues inconnues ou oubliées. Pendant des heures, l’on crût à la fin du monde. 

Puis le ciel s’éclaircit et les tempêtes se calmèrent. Les vagues se tassèrent et un jour nouveau se leva sur le monde. Nul ne sut ce que signifia cette accalmie, s’il fallait s’en réjouir ou attendre de voir l’océan déverser sur le monde des hordes de monstres plus effrayants encore. Pendant des semaines, les soldats et les navires guettèrent la remontée des sous-marins. Pendant des semaines il espérèrent un signe, une confirmation de leur probable victoire. Et quelque part… ils attendent toujours.

LE MONDE AUJOURD’HUI

Cela fait maintenant 8 ans que la bataille finale à eu lieu. 8 ans sans observer la moindre trace d’ennemi Yuan-Ti. L’ennemi avait été vaincu. 

La menace écartée, le monde peut désormais contempler ce qu’il lui reste, pleurer ses morts et reconstruire. Certes l’ennemi à disparu, mais le monde qu’il laissa derrière lui n’est plus que ruines fumantes. Les premières années furent des années de famine et de misère et les peuples terrestres traversèrent ces épreuves de la même manière qu’ils avaient vaincu : unis. Les terres recouvrée font désormais partie d’une même nation, dirigée par un conseil représentant toutes les communautés. Des cités émergent à nouveau sur les ruines des anciennes et une relative croissance s’installe. 

Les clivages anciens ont presque tous disparus, notamment en ce qui concerne la magie et son utilisation, mais il subsiste encore quelques préjugés et anciennes traditions qui persistent malgré tout. Le Clergé fut forcé de reconnaître que sans l’aide des utilisateurs de magie profane et autres marginaux, la victoire n’aurait jamais pu être acquise. Mais le danger de cette magie demeure encore présent, et, comme les Yuan-Ti l’ont montré, une utilisation non contrôlée pourrait mener le monde au désastre. Il fut donc décidé, malgré une certaine réserve de la part du Clergé,  de créer une Académie chargée de détecter, d’accueillir et de former les jeunes mages du Royaume (l’appellation persiste, malgré un fonctionnement largement différent d’un royaume traditionnel). Passer par l’Académie demeurerait la seule manière légale de pratiquer la magie, afin de pouvoir préserver le monde.  Une nouvelle ère commença alors pour les magiciens. Malgré tous ces changement, la magie profane reste encore un élément assez rare aujourd’hui et il faudra du temps pour que les moeurs évoluent et que la société mute dans le bon sens

Le Clergé, quant à lui, à été très ébranlé par le conflit et il mit les bouchées doubles pour soulager la peine des malheureux. Les orphelin et mutilés de guerre sont toujours légion aujourd’hui et les paroisses sont pleines de nécessiteux désoeuvrés.

Les peuples et les races sont aujourd’hui mélangés et unis, dans la grande majorité. Humains, orques, gnomes et autres races vivent en voisins et le souvenir des anciennes rancunes s’efface petit à petit, même si certaines tensions subsistent. 

Le monde est en ruine, mais il reste à reconstruire.

D'hier à aujourd'hui

Entre terre et mer Much Much